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Le marché des cosmétiques bio ferait-il peur aux leaders ?

Habituellement, sur le marché des cosmétiques, les marques de niche montrent une nouvelle tendance. Elles investissent de nouveaux segments de marché avec une communication décalée et un univers qui leur est propre. Puis, les leaders s’approprient ces innovations pour les lancer au niveau international à grand renfort de moyens publicitaires avec une communication “boulevard” qui rassemble le plus grand nombre. Enfin, les marques de “distributeurs” (Sephora, Carrefour ou autre) suivent sur ce segment, une fois qu’il a démontré tout son potentiel !

Avec le marché de la cosmétique bio, on observe un phénomène étrange …

Le marché s’est bien lancé par des marques indépendantes à la démarche alternative. Puis, s’est opéré le rachat de quelques-unes de ces marques par les grands groupes pour acquérir le savoir-faire spécifique au bio. Mais, au lieu d’enchaîner avec des lancements sous leurs marques leaders, ces grands groupes restent en attente. Se lancer sur le marché des cosmétiques bio ferait-il peur à ces mastodontes de la cosmétique ?

Le résultat en est pour le moins étonnant, voire dangereux : les marques de distributeurs investissent ce marché avant les leaders. En effet, Sephora sort 8 produits bio corps & cheveux sous la marque Sephora Green Connection. Et, au même moment, Marionnaud décide de relancer sa marque de distributeur avec 10 produits visage en bio (et développé par Phyt’s !).

Devons-nous nous réjouir ? Je ne crois pas. Depuis que je me suis lancée dans cette aventure, je suis persuadée que le bio deviendra un standard du marché et pas seulement une niche. Donc, voir le bio gagner du terrain est un signe positif. Mais, voir le bio être limité à un produit cosmétique formulé avec quelques pourcent d’ingrédients issus de l’agriculture biologique me réjouit beaucoup moins.

Le bio ne se résume pas à des produits, c’est le fruit d’une philosophie de vie. Derrière les marques de niche se cachent des fondateurs charismatiques qui vivent et portent ces valeurs. Avec l’ouverture du marché aux acteurs conventionnels, on peut s’attendre à un flétrissement de cet esprit. En parrallèle, si les grands groupes investissent ce segment, ils pourraient se donner les moyens de le valoriser et de le développer, notamment d’un point de vue scientifique. Au lieu de ça, les marques de distributeurs les devancent avec un univers émotionnel pauvre et une valorisation du bio par le prix (et encore !).

Alors, chers leaders de la cosmétique, n’ayez pas froid aux yeux ! Laissez-vous pénétrer par la philosophie bio, avancez, innovez et surprenez-nous par vos engagements !

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