Cette photo de notre table familiale fut prise Mercredi soir, le 21 Mars:
Car ce jour-là, c’était le deuxième jour du printemps. La nuit était à nouveau de même durée que le jour. Et ce jour-là, les enfants n’avaient pas école. Alors nous avons cueilli, et cueilli, frénétiquement, au bord des routes, dans les prairies, nous laissant guider par notre flair et notre exubérance. Et voilà le résultat :
Une table où l’on ne peut plus poser un plat
19 variétés de fleurs
D’innombrables observations
Des odeurs merveilleuses, des couleurs à foison, partout dans la maison
Pourquoi cueillir tout plein de fleurs pour fêter le printemps? Je connais des écolos puristes pour lesquels en cueillir une seule est un crime. Mais, pour moi, la joie et le mouvement d’une journée comme celle là, le simple fait de fêter une saison, la révérence qu’inspire aux enfants une telle beauté et une telle profusion, valent bien quelques fleurs. Et là est le printemps, dans la vie et la couleur retrouvées, dans l’éveil des sens, dans le tourbillon joyeux des enfants étourdis par tant de grâce. La beauté gratuite, n’est-ce pas cela la grâce? Pour moi, une telle tradition est tout à fait juste, au sens où elle respecte l’esprit de cette saison.
Fêter les saisons est une habitude que nous avons prise, et que les enfants apprécient énormément. C’est aussi l’occasion pour nous, parents, d’observer les changements qui se produisent en eux chaque année. Cette année par exemple, Madeleine -qui aura 6 ans dans quelque mois- a voulu observer longuement les fleurs, les décrire, les comparer. Elle a aussi voulu connaître leurs noms (ce qui nous a valu une virée à la librairie pour y acheter une encyclopédie des fleurs, car les réponses ne venaient pas toutes seules…) sans toutefois avoir la patience nécessaire au travail d’identification. Une ébauche de pensée scientifique complètement spontanée, sans méthode. Quant à Sophie, qui aura 4 ans à la fin de cette saison, elle papillonnait d’une fleur à l’autre avec un enthousiasme splendide, et était tout particulièrement obsédée par les « cokikos » (coquelicots), son trophée. Elles ont eu droit aussi à l’histoire de Grand-mère terre que je leur raconte chaque année à ce moment-là, à des pâtisseries choisies par elles chez le boulanger, à une salade de feuilles de pissenlits cueillies ensemble, et ont chacune choisi un bouquet pour leur lit. Quant a leur petit frère de 11 mois, il était surtout intéressé par le goût des fleurs !
Tenez, voici encore quelques photos :
Les solitaires (un iris, une jonquille et une tulipe, toutes sauvages et cueillies en un seul exemplaire parce que plus rares, et « il faut en laisser pour les abeilles »)
Gros plan sur quelques meli-melos
Et vous, avez-vous envie de fêter le printemps, avec ou sans enfants ? Qu’est-ce que cette saison vous inspire ? Essayez-vous aussi de faire une place au rythme des saisons dans vos traditions familiales ? De faire une place à ce qui vient de la nature dans votre espace familial ? Comment vous y prenez-vous ?