4 mois, je me donne 4 mois pour monter le projet de A à Z. Sinon, je manque les fêtes de Noël et ce serait vraiment dommage. A partir de là, commence le parcours du combattant. Je vais essayer dans ce billet de passer en revue les différents aspects de la création, du choix des fournisseurs aux relations bancaires !
Coté nom commercial
Le nom de mademoiselle bio m’est venu dès le 1er brainstorming. Je me suis prise une heure ou deux de délires créatifs et ce nom m’est apparu comme une évidence. Il n’est pas parfait, m’a fait me poser quelques questions au démarrage : est-ce qu’une femme mûre s’identifiera à mademoiselle bio ? est-ce qu’un homme irait acheter chez mademoiselle bio ? est-ce que ça ne fait pas trop girly et petites jeunettes ? J’ai très vite évacué ces questions. C’est le seul qui m’inspirait vraiment … et surtout, qui était libre légalement !! Et ça ce n’est pas une mince affaire. Il est de plus en plus difficile de trouver un nom de marque, sympa, qui ait un sens, qui soit compréhensible à l’international et qui soit libre à l’INPI et dont les noms de domaine sont aussi disponibles. Ce sera donc, Mademoiselle Bio !
Le choix des marques :
Toujours influencée par mes expériences passées, je veux offrir aux femmes ce qu’il y a de meilleur en cosmétique bio. Leur faire oublier que c’est du bio tant les produits sont performants, modernes et « glamour ». La France est tellement en retard en terme de produits de beauté bio que je décide d’aller chercher mes marques à l’étranger…. L’idée paraît simple, sa réalisation est très complexe.
Pour chaque marque, je fais un travail minutieux d’analyse :
1) analyse de leurs revendications (sur les produits, leurs process, leur philosophie bio…)
2) vérification de leurs réalités en analysant les compositions produit,
3) évaluation de la qualité des produits : ils doivent être performants mais surtout de grande qualité sensorielle … sans plaisir, la cosmétique n’est rien !
4) engager l’échange avec ces marques, travailler sur un partenariat commercial, les convaincre de me faire confiance
5) gérer les problèmes d’importation (pour celles qui n’ont jamais été distribuées en France).
Au final, j’ai analysé plus de 200 marques, de tout horizon (anglo-saxon, germanique, méditerranéen, asiatiques…). Les surprises (bonnes et mauvaises) ont été très nombreuses. J’ai découvert quelques marques bio d’une qualité époustouflante. Comme dit la pub, « elles ont tout d’une grande ». J’ai rencontré des hommes (ou femmes) passionnés, souvent très charismatiques. J’ai eu aussi beaucoup de mal à faire le tri : les labels bio ne signifient pas la même chose d’un pays à l’autre, ils ne bannissent pas les mêmes ingrédients, certaines marques se servent du marketing pour brouiller les pistes (l’ingrédient est 100% bio mais les conservateurs sont vraiment pas souhaitables) …. A partir de là, j’ai pris mes décisions. Notamment, celle de travailler avec des marques bio de grande qualité qu’elles soient certifiées ou non.
Au final, ce travail de recherche fait vraiment partie de l’esprit Mademoiselle Bio. A l’ouverture, je ne serai pas en mesure de proposer toutes les marques que je souhaiterai mais progressivement, je vais étoffer mon offre et vous faire découvrir de jolis bijoux. J’espère que vous prendrez autant de plaisir que moi à les utiliser.
Coté technique & site internet
Soyons clair, je ne suis pas une « tekos ». Sans être réfractaire à la technique, on peut dire que je n’y connais pas grand chose. Pas évident dans ces conditions de préparer un brief à une agence, ni de savoir lesquelles sont vraiment recommandables ! Ma solution a été de penser coté client. Quand j’achète par internet, qu’est ce qui me plaît ? Et quand je veux acheter des cosmétiques, quelles sont mes questions ? A partir là, j’ai défini mon cahier des charges idéal…. les devis sont astronomiques, de nombreuses fonctionnalités sont sur-mesure… seule une agence a pris le contre-pied de mon brief. En deux temps, trois mouvements, elle m’a trouvé la solution intelligente pour démarrer. Souple mais standard elle remplit 80% du cahier des charges pour moins de 20% des autres devis. L’équipe qui compose l’agence est super sympa, réactive. J’ai confiance et surtout, je les comprends quand ils me parlent technique. GO !
Coté graphisme
Là pour le coup, je suis dans mon élément. Je sais ce que j’aime, ce dont j’ai envie. J’ai fait un brief complet et inspirant mais je ne sais pas trop qui briefer. Les agences que je faisais travailler habituellement sont à de tels tarifs que je ne peux me les payer … je le sais d’avance. J’ai envie de trouver une vraie fraîcheur, un créatif qui a ma sensibilité. Coup du hasard, je surfe sur internet et tombe sur le site d’une jeune designer qui fait de l’éco-conception. Je me sens proche de ses créations, je la contacte. On accroche tout de suite, elle me comprend et elle saisit très bien le sujet. Elle n’est pas graphiste de formation mais j’ai envie de travailler avec elle. Je suis rassurée, je sais qu’on y arrivera. Le résultat, vous le connaissez partiellement : elle a fait le logo et a décliné cette créativité sur la charte graphique de la boutique. J’ai eu beaucoup de compliments sur le logo, j’espère que la boutique vous plaira tout autant.
Coté finances
Les prévisionnels :
Avec mes quelques mois passés à travailler sur la création d’une marque de soins, je m’étais familiarisée avec le concept du business plan, des tableaux financiers, du plan de tréso …. Soyons clair, je n’aime pas ça mais c’est incontournable. « Jouer » avec les chiffres permet de bien comprendre les leviers financiers, les risques & les enjeux majeurs de son business. Pour une société de distribution, le BFR est le risque majeur. Simuler un délai paiement comptant ou à 60 jours changent complètement les besoins de financement. Donc, ça aide à comprendre les éléments sur lesquels il ne faut pas transiger dans les négociations commerciales, sous peine de fermer boutique par manque de trésorerie !
Le financement :
Je vais arriver à démarrer seule … enfin presque. Ma mère avait vu qu’une nouvelle loi permettait d’aider financièrement son enfant quand il créait son entreprise. Du coup, elle m’a donné un sacré coup de pouce. Merci Maman.
La banque
Je voulais une banque coopérative ou dans l’esprit du développement durable. Je suis finalement allée à la banque populaire, qui appartient au groupe du Crédit Coopératif. Ils sont très familiers avec la création d’entreprise, ma conseillère a été tout de suite très sympa et de bons conseils. Et surtout ils ont leur propre solution de paiement en ligne ce qui m’a permis d’avoir un contrat VAD sans aucun souci. Je me faisais une montagne de ce 1er rendez-vous. On m’avait tellement dit de choses sur les banquiers. En fait, cela a été très facile et agréable… sûrement une histoire d’hommes (en l’occurrence, de femmes).
La comptabilité
Cela a été ma bête noire jusqu’à la semaine dernière. J’ai dû rencontrer 4 comptables différents pour enfin trouver le cabinet qui traitera mes comptes. Cela m’a beaucoup étonné car je ne pensais pas demander la lune. Juste un comptable fiable, disponible, qui réponde à mes questions (en moins de 3 mois) et en qui je peux avoir confiance… et bien sûr dont les tarifs sont raisonnables. Quel soulagement quand j’ai rencontré cette personne souriante qui rend la compta. presque sympathique. Bon, il ne faut quand même pas que je m’emballe, nous n’avons pas encore réellement travaillé ensemble. Mais, depuis une semaine, il a été fiable, de précieux conseils, efficace. Un bon début !
Coté juridique & administratif
C’est le plus rébarbatif. Il faut assembler une tonne de documents, il en manque toujours un quand on est au comptoir, les queues sont interminables … Les quelques réflexions que je me suis faites :
1) derrière l’administration, il y a des hommes et des femmes qui ont une âme. Les règles de base de gentillesse & d’amabilité respectées, ils sont capables de nous faire des merveilles !
2) Les entrepreneurs ne sont pas des matinaux : si vous allez faire vos formalités le matin à l’ouverture, il n’y a jamais personne. Ma technique : préparer la veille tous les documents, bien vérifier la liste des éléments nécessaires (avec leur check list, par internet ou par téléphone) et y aller le lendemain matin à l’ouverture. C’est ce que j’ai trouvé de plus efficace.
3) On ne rigole pas avec le juridique : c’était une petite dépense mais j’ai vraiment préféré faire écrire mes statuts par un juriste. Ils ont l’habitude et anticipent les problèmes potentiels. D’ailleurs, mon comptable à leur lecture m’a confirmé qu’ils étaient très complets et très bien.
Coté bureaux
C’est mon épine dans le pied. Cela fait plus de 4 mois que la gestionnaire des bureaux que j’ai identifié me donne une réponse dans la semaine. En vain. Confiante du résultat, je ne me suis pas vraiment stressée. Je connais bien la société qui libère ces bureaux, j’ai recontré la co-pro qui me recommande chaudement, les loyers étaient très raisonnables, la gestionnaire m’avait donné son avis favorable (après d’âpres négo sur les garanties, la caution….). Résultat, les bureaux se libèrent dans 6 jours et elle vient tout juste de m’annoncer que le loyer sera doublé ! Voilà une bien mauvaise nouvelle. Je lance le site dans 20 jours et je n’ai plus le temps de me retourner. Tant pis, on va faire avec en attendant de trouver une solution satisfaisante ! Comme quoi, il vaut toujours mieux envisager une solution de repli même si cela se présente bien !!!
Coté humain
Depuis le début de cette aventure, j’ai été sidéré par le contact humain. Créer son entreprise amène de vraies et belles rencontres. J’ai sollicité des personnes par mon réseau de connaissances mais aussi au culot et les réactions ont toujours été super positives. Le monde de la PME est très coopératif. Les entrepreneurs sont souvent très disposés à aider et faire réfléchir. Sortir de son bureau, parler de son idée, capitaliser sur les conseils et expériences de ceux qui sont passés avant vous est très précieux. Au démarrage, on se dit que si on en parle, on va se faire piquer l’idée. Mais, c’est tout le contraire la partager est un moyen de la tester, la remettre en question, l’améliorer, la faire évoluer … Et puis, il faut 3 minutes pour avoir une bonne idée et plus de 3 ans pour la rentabiliser. Chaque créateur la fera à sa manière, avec sa personnalité. Regardez la vente en ligne de cosmétique bio, les magasins fleurissent de partout. Ce n’est pas l’idée qui fera la différence, c’est la manière dont elle sera réalisée !
Avec ce billet, je pense avoir couvert les grands thèmes de la création d’entreprise. Dans mes prochains billets, je partagerai avec vous mon vécu personnel et les outils que j’ai trouvé bien utiles pour cheminer dans cette création. Pour lire la suite, c’est par là.



Concernant le nom et son impact, moi j’ai l’impression que justement une mademoiselle sera plus au fait de ces problèmes de cosmétique. Expertise et conseil, c’est l’impression que j’ai avec ce nom.
JR,
Merci pour ces perspectives et pour votre fidélité … comme quoi, même une mademoiselle peut être de bons conseis et “rassurer” un homme. Tant mieux !
votre billet pourrait être intéressant comme témoignage pour l’APCE…
J’aime beaucoup votre logo…En ce qui concerne la création, une seule règle le CA. Si pas de CA, pas de marge et pas d’entreprise. Donc, un petit conseil en passant sur votre site…concentrer vous sur le CA. Pourquoi, comment, combien et avec qui je vais faire du CA? Le reste, c’est bien pour entretenir le blog.
Mathilde > Votre commentaire m’interpelle d’autant plus que je me souviens avoir découvert votre blog par le site de l’APCE. Comment aviez-vous diffusé cette info ? A qui vous êtiez-vous adressé ? Merci de ce conseil précieux.
Joujou de Paris > Soyez rassuré, votre commentaire est très proche de mes convictions (et de mes actions)… vous verrez dans mon prochain billet sur la création de Mlle Bio, je vais faire un point sur la tréso. Tréso et CA même combat ! C’est vrai que je n’ai pas détaillé mon approche business plan avec l’étude de marché : de la concurrence, de mes clientes, de leurs attentes, du montant de leurs dépenses … et pourtant, j’ai fait tout ça. C’est fou que j’ai pu l’oublier !! Peut-être que c’est ce par quoi on commence et que du coup, ça me paraît bien loin. Merci de ce commentaire, je l’intégrerai dans les prochains billets.
Merci pour ce blog frais et décapant, je suis au stade de la recherche du local, pour un projet similaire, accéléré par une période"sans emploi"je me retrouve dans le témoignage de melle bio, après un parcours à différents postes de la parfumerie sélective…
j’aime le logo pétillant…
Je recherche des marques de maquillage bio, plus ethnique.
Lesquelles avez-vous appréciées?
Ghis
merci
Ghis > Je vous remercie de votre commentaire. J’ai fait le choix de ne pas distribuer du maquillage bio car j’en étais insatisfaite. Tant d’un point de vue conceptuel (avez-vous déjà vu de l’oxyde de fer dans la nature ?) que d’un point de vue qualité (notamment les fonds de teint…). Je préfère donc attendre un peu. Du coup, je serai très mauvaise conseillère sur ce point. Je vous souhaite une belle aventure de création. N’hésitez pas à me tenir au courant. A bientôt.
Jr trouve trés sympa votre site et je vous encourage dans votre démarche pour nous trouver des cosmétiques bio !Merci
Bienvenue Sylvie et un grand merci pour vos encouragements !
non seulement le site est beau et bien fait , les produits donnent envie mais en plus, le témoignage de votre parcours est passionnant et stimulant, merci pour tout ça!
Bonjour, je viens de découvrir votre site. Je trouve très intéressant car à travers ma cuisine chez les clients, je vente les produits bio comme une autre façon de manger et de valoriser les produits du terroir, en l’occurence mon département : la Charente. j’ai crée ma propre entreprise de prestation à domicole en minimisant les risques et les charges fixes. A bientôt.
Voilà une belle idée. Cuisiner bio permet de rédécouvrir tous ces légumes oubliés et si savoureux. Dommage que vous soyez en Charente !