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Le destin de Mademoiselle Bio, parcours d’une écolo. apprentie chef d’entreprise

Je me suis fixée comme objectif d’ouvrir boutique le 1er novembre. Il ne me reste plus que 20 jours, c’est la course. Mes journées sont longues, très longues mais mon énergie est débordante. Passionnée par cette expérience, j’ai envie de partager avec vous les coulisses des préparatifs. Donc, jusqu’à l’ouverture, mes billets traiteront du chemin parcouru, de mon quotidien avec mes interrogations, mes doutes et aussi mes réjouissances !

Petit retour en arrière ….

Mars 2002 : Vacances en Californie, c’est le choc culturel : pourquoi tant de bio ? C’est l’incompréhension. J’attribue ce « phénomène » à la mal bouffe à l’américaine.

1er août 2002 : Je donne naissance à mon fils aîné. Sans le savoir, il va révolutionner ma vie. Lentement mais sûrement ma prise de conscience écolo se fait. Je me dois de lui laisser un monde pérenne, plus durable.

2002 –2004 : Je chemine peu à peu dans ma nouvelle vie plus responsable. Ma consommation évolue. Cela commence avec les petites purées maison faites de bons légumes bio puis ça me gagne : les jeux des enfants, les produits ménagers, les habits, progressivement tout y passe même mes soins visage ! C’est le comble car mon métier est de développer des soins haut de gamme pour un leader du marché. Et sans état d’âme, j’achète la concurrence bio. Je suis déçue par les qualités sensorielles de nombreux produits que j’essaie mais je prends plaisir à en découvrir de nouveaux régulièrement.

Ma vie défile à 100 à l’heure. Je prends peu le temps de réfléchir posément sur le sujet. Rien que gérer les enfants, le boulot, mon mari, les copains et la famille, je suis au max. Donc, ça ne me laisse pas une minute pour respirer.
Coté boulot, j’adore mon métier, mon équipe … Néanmoins, je ressens progressivement le fossé se creuser entre mes convictions personnelles et la culture de mon entreprise (la recherche de la performance économique à tout prix, peu de considération pour les hommes, la gestion des individus par le stress…).

Fin 2004 : C’est la pause. Mon 2ème congé maternité. L’occasion de prendre un peu de temps pour moi. Du temps pour réfléchir, lire, me renseigner, échanger.
Coté boulot, c’est décidé : ça va changer. Je dois trouver un boulot qui me permette d’être moi-même, de construire un monde meilleur. Fini le chemin tout tracé qui mène la jeune diplômée d’école de commerce au poste de direction dans un grand groupe leader. Ce n’est plus ce qui me passionne, ce n’est plus ce que je veux.

2005 -2006: Coté perso, je m’engage de plus en plus. Je rejoins une AMAP en création, un vrai retour aux sources, à la terre dans cette grisaille parisienne. Pour ceux qui ne connaissent pas les AMAP, il y a le site de notre AMAP du moulin des lapins.
Coté pro, j’envisage de très nombreuses pistes : de l’ONG à la création d’entreprise, tout y passe. Le plus évident s’impose à moi : faire mon métier au service du développement durable. Autrement dit, créer ma propre marque de cosmétiques bio-équitables. Le changement de mentalité n’est pas complètement opéré. Je raisonne encore comme un cadre chez le leader du marché. Mes ambitions sont démesurées : il me faut innover scientifiquement avec des actifs bio-équitables. Je bosse sur le sujet de nombreux mois, aidée d’une direction scientifique costaud. Mon business plan bouclé, je me rends compte que les besoins financiers sont énormes, les risques majeurs et la pression considérable…. Un peu trop pour une seule femme. J’envisage l’association pour partager les risques, les soucis … Cela ne se fait pas. Et tout à coup, je décide de mesurer mes ambitions, faire un projet à mon échelle : Mademoiselle Bio voit le jour. Nous sommes fin juin 2006.

4 mois, je me donne 4 mois pour monter le projet de A à Z. Sinon, je manque les fêtes de Noël et ce serait vraiment dommage ! Pour lire la suite, c’est par là.

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